Accueil > Découvrir > Qu’est-ce que l’autodéfense ?

Qu’est-ce que l’autodéfense ?

Crédits: © Framboise Esteban

Tapez « autodéfense » sur un moteur de recherche... Vous tomberez entre autres sur des cours d’arts martiaux ou des sites de vente d’armes. Autant donc, avant d’expliquer ce qu’est l’auto-défense féministe, préciser ce qu’elle n’est pas. Elle n’est ni une idéologie sécuritaire, ni un sport, ni un loisir, ni un art martial !

Pas de recettes miracles, mais une boite à outils à partager

L’autodéfense féministe est une méthode qui propose aux femmes une large palette d’outils et de stratégies verbales, mentales, émotionnelles ou physiques utiles pour se défendre. Et ce dans les espaces publics, privés ou professionnels.

Il existe plusieurs courants au sein de l’autodéfense féministe. Historiquement, les animatrices de l’association Faire Face ont été formées à une méthode appelée Fem Do Chi (qui veut dire la « voie de l’énergie des femmes »). Aujourd’hui, de nouvelles venues dans l’équipe sont issues d’autres courants pédagogiques. Le fond "politique" et les objectifs restent les mêmes.

Rythmés par des jeux de rôles, des exercices corporels, des temps collectifs de réflexion et de discussion ou encore l’apprentissage de techniques verbales et physiques, chaque atelier est différent en fonction des femmes qui le composent.
Dans un espace de solidarité et de confiance, il s’agit de développer l’autonomie, la liberté et la confiance en soi de chacune.

Les ateliers sont accessibles à toutes les femmes. Et ce sans distinction d’âge, de poids, de taille, de condition physique, d’origine, d’appartenance religieuse ou d’orientation sexuelle.

Il s’agit d’une démarche de prévention des conditionnements, des peurs, des violences et menaces spécifiques qui font obstacle à leurs parcours dans l’espace public comme dans leurs vies privées, professionnelles ou scolaires.

Une méthode née au Québec dans les années 70

Le point de départ ? L’agression d’une femme ceinture noire de karaté qui n’avait pas pu se défendre alors qu’elle en était physiquement parfaitement capable.

La réflexion issue de cette expérience a donné naissance à une méthode qui prend en compte la morphologie des femmes, la spécificité des violences exercées contre elles, ainsi que les conditions sociales et politiques qui y mènent.

Se défendre, c’est donc bien plus que donner un coup bien placé.

C’est surtout déconstruire ses peurs, s’autoriser à se défendre, connaître ses propres capacités, savoir repérer les mécanismes de domination en jeu, ou encore développer des stratégies pour éviter la confrontation physique.

Si la défense physique est un élément important, les ateliers se focalisent sur la manière de mettre un terme aux différentes formes de violences le plus tôt possible. Et, idéalement, avant qu’une intervention physique soit nécessaire.